Bonjour et bienvenue sur ce blog, ou bon retour si vous le connaissez déjà ! Dans cet article, je vais revenir sur les prévisions météo de la semaine à venir, du 13 au 21 juin, sur la France, avec une vision plus globale à l’échelle de l’Europe.
J’ai choisi de m’intéresser particulièrement à cette semaine, car en l’état actuel des prévisions, qui pourront toujours évoluer, notamment en allant vers la fin de l’échéance, c’est un véritable cas d’école des effets du réchauffement climatique en cours depuis plusieurs décennies maintenant, mais qui se manifeste de plus en plus concrètement au fil des ans.
Un week-end encore agréable… au nord de la Loire

Alors que la chaleur sera déjà bien présente au sud dès ce WE, elle sera plus modérée, à cause de, ou grâce à, selon les goûts de chacun, l’influence lointaine mais encore réelle de la dépression située sur la Scandinavie. En effet, pour rappel, le vents tournent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre autour d’une dépression, dans l’hémisphère nord (c’est l’inverse dans l’hémisphère sud). Ce sera donc un courant de nord-ouest qui prévaudra au nord de la France, faible mais encore suffisant pour éviter à la grosse chaleur d’atteindre ces régions. Notamment au plus près des frontières du nord-est, où la teinte de la masse d’air n’est « que » orange clair, soit un niveau assez proche des normales de saison. Le rouge plus vif présent plus au sud témoigne d’une masse d’air plus chaude, et donc de températures au sol plus élevées.
Mais cette influence, qui est la même d’ailleurs qui nous a valu une semaine précédente bien fraîche et nuageuse, sera sur le déclin, et ce sont bien les hautes pressions et la chaleur qui vont l’emporter assez rapidement par la suite…
Un milieu de semaine devenant chaud

Cette carte, présentant une modélisation de la situation dans la nuit de mercredi à jeudi, illustre bien l’invasion de la masse d’air chaude vers les régions du nord. Cette carte, comme toutes celles présentées dans cet article, indique les pressions au sol (lignes blanches) et la température de la masse d’air à environ 1500 m d’altitude. Durant les longues journées que nous avons actuellement, on peut rajouter un bon 15° pour obtenir la température maximale au sol, au plus chaud de la journée. On arrive donc à un bon 30° sur les 4/5 de la France, souvent 32 à 35°, voire localement plus encore au pieds des Pyrénées.
Et tout cela avec un courant de sud-ouest, une masse d’air chaude mais encore légèrement rafraîchie par l’influence de l’océan Atlantique.
Qu’est-ce que ca donnerait avec un courant plus sud remontant d’Afrique du Nord ? Réponse dans le paragraphe suivant, car c’est justement une évolution envisagée pour le week-end du solstice, qui pourrait être excessivement chaud, si cette modélisation devait se concrétiser….
Vers un WE du solstice d’été particulièrement chaud

On en arrive donc à cette modélisation, effectuée ce vendredi 12 juin au matin, pour la fin du week-end du 21 juin, donc pour la nuit de la fête de la musique.
Cette fois-ci ce n’est plus du orange ni même du rouge classique qui recouvre la France, mais du rouge écarlate, signe de températures particulièrement élevées au sol, et ceci alors que nous serons dans la période des nuits les plus courtes de l’année, autour du solstice d’été. Au sol, un tel niveau de masse d’air reviendrait à avoir du 35 à 40° à l’ombre généralisés sur les 4/5 de la France, un petit peu moins (et donc un peu plus respirable) sur les côtes de la Manche, et localement plus de 40° dans le sud-ouest. Et ceci alors que nous ne serons encore qu’en juin, alors que le niveau de températures moyennes des masses d’air dans l’hémisphère nord n’aura pas encore atteint son maximum, qui intervient plutôt fin juillet/début août.
Encore une fois, l’échéance est lointaine, il ne faut pas prendre ces prévisions à la lettre, la tendance pourra encore s’ajuster et au final il ne fera peut-être pas aussi chaud qu’envisagé sur ces cartes (c’est à espérer).
Une conséquence concrète de l’évolution du climat : bienvenue au 21è siècle
Au-delà de cette prévision précise, il faut surtout retenir les points suivants caractérisant l’évolution du climat français au 21è siècle :
- Lorsque le courant atmosphérique nous envoie de l’air venu du nord ou du nord-ouest, celle-ci reste fraîche, et heureusement ! On l’a bien constaté récemment, notamment lors des épisodes de fraicheur observés en mai et début juin. Mais cela reste une relative fraicheur, rien d’exceptionnel et déjà vu à de nombreuses reprises par le passé. Le réchauffement climatique n’empêchera pas la survenue de ces épisodes de fraicheur, il les rendra moins fréquents et moins remarquables au niveau des températures observées.
- Lorsque les vents passent au sud-ouest, nous amenant un air venu des latitudes tropicales mais encore tempéré par l’océan Atlantique, les températures passent déjà rapidement au-dessus des normales de saison. Pour rappel, durant les jours les plus chauds de l’année, les températures maximales sont, pour faire simple, autour de 25° au nord de la Loire, et de 30° au sud, en allant vers la Méditerranée. Hors, on le voit à la vue de la prévision de la semaine à venir, alors que nous ne serons qu’en juin, et donc pas encore dans les jours les plus chauds, ces niveaux moyens seront déjà dépassés de plusieurs degrés.
- Enfin, lorsque les vents nous apportent des masses d’air venues directement de l’Afrique du Nord, c’est une véritable cocotte minute qui se met en place, avec un air très chaud qui n’est tempéré par aucune surface maritime assez grande pour cela. Dans ce scénario, les normales de saison sont explosées de plus de 10°, et même parfois plus de 15… et en période de solstice d’été, avec les nuits les plus courtes de l’année, c’est encore moins supportable, notamment en ville, sans climatisation. Il n’est pas rare, en pleine ville, avec ce niveau de température, d’avoir encore près de 30° à minuit…
Il va falloir s’y faire, nous n’avons pas fini d’avoir chaud en été dans les années à venir, et sans doute même de plus en plus chaud.