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Bonjour ! Changement de thème pour ce nouvel article, cette fois-ci je vais aborder, de façon je l’espère assez pédagogue et pas trop longue, la thématique du changement climatique, sujet oh combien complexe, mais uniquement sous le prisme de la prévision météorologique. Et essayer d’expliquer pourquoi nos futurs été risquent d’être de plus en plus chauds, en ne regardant que les masses d’air survolant l’Europe durant la période estivale.

Durant le mois de juin de cette année, vous avez forcément remarqué, à moins de vivre en permanence dans une grotte ou un bunker climatisé, qu’il a fait chaud et sec. Très chaud même, puisque ce mois est bien parti pour être l’un des mois de juin les plus chauds enregistrés en France. Mais pourquoi une telle chaleur ?

La théorie

Et bien, commençons par quelques évidences, qui sont, et resteront, valables, quelque soit l’évolution du climat dans les années et décennies à venir :
– le cycle des saisons lié à la durée du jour, avec un minimum, dans l’hémisphère nord, lors du solstice d’hiver fin décembre, et un maximum lors du solstice d’été, fin juin. Avec donc une masse d’air globale qui s’échauffe progressivement de février à juillet, et qui se refroidit de septembre à janvier, au gré de la durée du jour et de l’énergie fournie par le soleil pendant la journée.
– l’orientation des vents influe globalement sur le niveau des températures : un vent de nord aura toujours tendance à apporter un air plus frais qu’un vent de sud. Ceci étant d’autant plus vrai que l’origine de l’orientation du vent étant lointaine, les masses d’air venant du nord ayant alors une origine plus polaire (et froide), celles venant du sud une origine plus désertique (d’Afrique du Nord) ou tropicale (du sud de l’océan Atlantique), et donc douce voire chaude.

Le changement climatique ne changera en rien le cycle des saisons, qui rend une canicule un peu plus supportable, à niveau d’hygrométrie et de vent identiques, fin août/début septembre, que fin juin/début juillet, la durée du jour y étant plus courte et donc le rafraîchissement nocturne un peu plus marqué.

En revanche, il joue une influence directe sur la température moyenne des masses d’air, qui tendent, tout au long de l’année, à devenir progressivement de plus en plus chaudes. Ainsi, un vent de nord apportera une bonne fraicheur, voire ponctuellement du froid marqué, mais plus assez froid pour battre des records de température basse en nombre et régulièrement. En revanche, une masse d’air venue du sud sera plus facilement anormalement douce, voire chaude en plein été, et sera propice à faire grimper le thermomètre à des niveaux records assez facilement et donc régulièrement.

Voilà pour la théorie, que je vais à présent illustrer avec 2 cartes de modélisation météorologique pour la période de la rédaction de cet article, fin juin/début juillet 2025.

La pratique

Pour commencer, voici la modélisation d’un modèle météo pour la journée du 29 juin 2025. Les lignes blanches correspondent au niveau de pression atmosphérique en surface, les couleurs au niveau de température de la masse d’air aux environs de 1500 mètres d’altitude. Le niveau de saison de ces masses d’air pour une fin juin en France est d’environ 10° au nord de la Loire, et 15° dans le midi de la France (tout au sud).


Carte de modélisation de l’atmosphère pour la nuit du 29 au 30 juin 2025.

On constate une situation anticyclonique avec des pressions élevées sur toute la France et une bonne partie de l’Europe de l’ouest, amenant, dans un courant de sud-ouest, une masse d’air tropicale et bien chaude, en moyenne 5° au-dessus des valeurs de saison. A la clé des températures proches voire supérieures à 30° au nord de la France, et à 35° au sud. La fraicheur (couleurs jaunes et vertes) est repoussée loin en mer, dans le nord de l’Atlantique.

Tant que ces hautes pressions persistent, sur cet axe sud-Atlantique-Europe, cette situation très chaude perdurera. Ce n’est pas un vent d’un large secteur Sud qui contribuera à améliorer la situation, les niveaux étant bien caniculaires sur l’ensemble du bassin méditerranéen, avec donc, logiquement, une Mer Méditerranée en surchauffe… Non, l’atmosphère ne peut retrouver des niveaux plus respirables qu’avec l’orientation du vent au nord-ouest à nord, faisant descendre les masses d’air d’origine polaires. C’est plus ou moins ce qui est modélisé dans la carte suivante, valable pour la nuit du 4 au 5 juillet 2025 :


Carte de modélisation de l’atmosphère pour la nuit du 4 au 5 juillet 2025.

Les pressions sont toujours élevées sur l’Atlantique, mais le vent a changé d’orientation, s’engouffrant du nord-ouest au sud-est au nord de la France, entre cet anticyclone et une petite dépression vers la Pologne. Mais… les températures partant de haut, le rafraichissement n’est que relatif, et a du mal à atteindre les rivages méditerranéens. Ainsi, sous un vent de nord-ouest tout de même assez marqué, et venant d’assez loin, la température de la masse d’air ne fait « que » rejoindre les niveaux de saison. Certes, si ce courant de nord-ouest devait perdurer ainsi plusieurs jours, l’air plus frais finirait par atteindre une bonne partie de la France, et la moitié Nord finirait par ressentir une fraicheur significative, mais… l’atmosphère étant dynamique, les vents changent régulièrement de direction, et sur la carte, on distingue l’arrivée d’un air à nouveau bien doux, voire chaud, par le milieu de l’océan Atlantique, qui ne demande qu’à déferler sur l’Europe de l’ouest, dont la France. Et ainsi, à faire de nouveau remonter le thermomètre, après une courte respiration. Notez au passage que la péninsule ibérique (Espagne-Portugal) ne bénéficie même pas de cette respiration, la proximité immédiate de masses d’air surchauffées empêchant l’air plus frais de gagner cette zone géographique. Quant aux rivages méditerranéens, ils ne sont même pas à portée de ce vent de nord-ouest plus frais, même pas dans leur partie occidentale…

Bien sûr, rien ne dit que tous les étés, à commencer par celui de cette année, présenteront globalement les mêmes caractéristiques de circulation atmosphériques que celle présentée ici. Certains été dit « pourris », alors qu’ils se situaient peu ou prou à des niveaux normaux d’une fin de 20è siècle, ont présenté des circulations majoritairement propices à des vents d’ouest à nord sur la France, avec des pluies régulières du fait de la proximité d’incursion d’air plus frais amené par des petites dépressions (gouttes froides). Ce fut notamment le cas en 2021. A l’inverse, le suivant, 2022, fut bien plus chaud et sec, présentant une situation globale plus proche de que nous venons de vivre en juin cette année. Est-ce à dire que tout l’été 2025 sera chaud et sec ? Ce n’est pas inscrit dans le marbre, mais c’est une hypothèse qu’on ne peut exclure et qui me parait même la plus probable. Seule la présence répétée de petites dépressions à proximité immédiate de la France, ou au nord ou au nord-est du pays, permettra de rester à des niveaux de températures de saison voire légèrement inférieurs. Une situation qui n’est pas la plus classique en cette saison, loin de là.

Au final, la situation idéale pour qui veut, en été, un temps sec et ensoleillé mais pas trop chaud, passe par l’installation de hautes pressions entre le Golfe de Gascogne (au large des cotes atlantiques françaises), les Iles Britanniques et la Mer du Nord, permettant la circulation de masses d’air tempérées sans origine désertique ni tropicale. Malheureusement, ce type de situation ne se produit pas souvent et n’est en général pas très durable.

Sans compter que ceci reste surtout vrai pour les 2/3 nord-ouest de la France. Comme exposé précédemment, l’air très chaud présent en Méditerranée est tellement bien installé sur ce secteur en été que l’air frais venu du nord-ouest a encore plus de mal à atteindre le tiers sud-est restant. Lequel n’a donc pas fini de souffrir de la chaleur pendant les 3 mois d’été, jour et nuit…

Voilà, c’est tout pour cette fois, je reviendrai sans doute sur ce sujet d’ici la fin de l’été pour en faire le bilan (de l’été), et vérifier s’il se sera montré comparable, en terme de température et de sécheresse, avec la précédente référence précédemment citée, l’été 2022.

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